Un chemin de lecture
Stations.
Des analyses critiques d'ouvrages pour la jeunesse.
Il y a un cauchemar dans mon placard, de Mercer Mayer
Un enfant décide d'affronter le cauchemar caché dans son placard. Quand la créature surgit, elle pleure : chez Mercer Mayer, la peur du soir se laisse regarder, consoler et coucher.
Le Grand Serpent, d'Adrien Parlange
Un enfant suit le corps interminable d'un serpent, de la maison à la grotte. Dans un album à l'italienne où une ligne guide l'œil, la peur d'un animal géant se change en amitié. Un livre qui se relit.
À pas de velours, choisi par Yves Prual
Un livre-CD de vingt-huit berceuses et chansons du soir. La voix qui rassure n'efface pas la part trouble de la nuit, du Grand Lustucru au « crablan ». Une douceur jamais sucrée, à dire et à chanter dès la naissance.
Une histoire sombre, très sombre, de Ruth Brown
Un album à emboîtement mène l'enfant de pièce en pièce, du château à une petite boîte, sur la formule répétée « sombre, très sombre ». Au bout du suspense, une chute minuscule fait basculer la peur du côté du rire.
Va-t'en, Grand Monstre Vert !, d'Ed Emberley
Un visage de monstre se compose morceau par morceau au fil des découpes, puis se défait quand l'enfant lui ordonne de partir. Un album animé où la voix et la page tournée donnent prise sur la peur.
D'un monde à l'autre, de Pierre Bottero
Percutée par un camion, Camille bascule dans le monde de Gwendalavir où son étrangeté devient une force. Premier tome de La Quête d'Ewilan, un roman de fantasy où l'imagination assez précise agit sur le réel.
Ce n'est pas mon chapeau, de Jon Klassen
Un petit poisson vole un chapeau et se croit tiré d'affaire. Le texte épouse sa belle assurance, l'image montre le poisson volé à ses trousses. L'humour noir de Klassen, médaille Caldecott 2013.
Le rocher tombé du ciel, de Jon Klassen
Trois personnages à chapeau bavardent de la meilleure place pendant qu'un rocher immense descend du ciel. Une comédie visuelle pince-sans-rire où le lecteur voit le danger bien avant eux.
Je veux mon chapeau, de Jon Klassen
Un ours cherche son chapeau, mais le lecteur a déjà repéré le voleur. Un album à l'humour noir qui apprend à lire dans l'écart entre les paroles trop assurées et ce que montre l'image.
Quelques minutes après minuit, de Patrick Ness
Un monstre venu d'un if rend visite à Conor, dont la mère se meurt. Il réclame une histoire vraie. Un récit fantastique de deuil sur la pensée dont on a honte sans qu'elle fasse de nous un monstre.
L'Enfant Océan, de Jean-Claude Mourlevat
Une libre variation du Petit Poucet : sept frères fuient une ferme hostile vers l'Océan, guidés par le plus petit. Un roman rude, raconté par éclats, où le plus fragile devient le guide.
Mary Poppins, de P. L. Travers
Plus rude et plus drôle que l'image de Disney : la nurse arrivée par le vent d'est traite les prodiges comme des affaires ordinaires et repart sans jamais livrer son secret.
En sortant de l'école, de Jacques Prévert
Une sortie de classe se change en voyage : un train doré emporte les enfants tout autour de la terre. Le poème de Prévert, illustré par Jacqueline Duhême, comme première entrée dans l'album-poème.
Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Luis Sepúlveda
Un chat du port jure à une mouette mazoutée d'élever son petit et de lui apprendre à voler. Un récit animalier où tenir parole, c'est aussi laisser l'autre devenir lui-même.
Mon chat le plus bête du monde, de Gilles Bachelet
Le narrateur parle d'un chat, l'image montre un éléphant. Gilles Bachelet joue de l'écart entre texte et image et confie au lecteur le plaisir du malentendu.
Loulou, de Grégoire Solotareff
Un loup et un lapin deviennent amis, jusqu'à ce que le jeu de la peur dérape. Solotareff déplace l'opposition de conte vers une vraie question sur la confiance et l'écoute.
Le tunnel, d'Anthony Browne
Un frère qui fanfaronne, une sœur qui a peur, un passage sous la terre. Chez Anthony Browne, la peur devient le chemin par lequel le vrai courage change de camp.
L'Atelier des papillons, de Gioconda Belli et Wolf Erlbruch
Un conte d'origine où il faut inventer le papillon : la création comme quête patiente, menée jusqu'au bord de la règle.
Une histoire à quatre voix, d'Anthony Browne
Une même promenade au parc, racontée par quatre voix. Un album sur le point de vue, où l'image dit ce que le texte tait.
La piscine, de JiHyeon Lee
Un album sans texte où, sous la surface d'un bassin bondé, un enfant plonge dans un monde imaginaire et rencontre, sans un mot, une amitié.
Zoom, d'Istvan Banyai
Un album sans texte où chaque image se révèle le détail de la suivante : un jeu de cadres vertigineux et une petite leçon de regard.
Ce jour-là…, de Mitsumasa Anno
Un album sans texte où un cavalier traverse l'Europe : une aventure tranquille qui apprend à regarder et fait confiance à l'œil du lecteur.
Les plus beaux poèmes d'hier et d'aujourd'hui, choisis par Jacques Charpentreau
Le florilège de Fleurs d'encre : de La Fontaine à Prévert, une anthologie généreuse qui mêle comptines et grands textes pour entrer en poésie par fragments.
Un petit bouquet de poèmes, choisis par Jacques Charpentreau
Cinquante poèmes courts, du jour à la nuit et du jeu au rêve : une anthologie discrète, idéale pour une première entrée en poésie.
Héros de la mythologie grecque, de Marie-Thérèse Adam
Persée, Héraclès, Thésée, Œdipe : des héros remis en mouvement, traversés par la faute. Une mythologie sans vernis, qui refuse la morale bien rangée.
Le Roman de Renart
Un goupil rusé, drôle et inquiétant, dont la parole trompeuse fait la satire d'une société animale qui ressemble trop à la nôtre. Un rire qui grince.
Le Petit Poucet, de Charles Perrault
Avant la ruse, la faim ; avant les bottes, la forêt. Le conte de Perrault, plus rude qu'on ne le croit, où le plus petit et le plus silencieux sauve les siens.
Matilda, de Roald Dahl
Une petite lectrice surdouée, des adultes maltraitants et la lecture comme première forme de résistance : un roman d'émancipation vif et féroce.
Fifi Brindacier, d'Astrid Lindgren
Une enfant de neuf ans qui vit seule, soulève son cheval et dérègle les adultes : roman burlesque où la liberté d'une fillette rend les bonnes manières absurdes.
Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll
Derrière le lapin pressé et le Chat du Cheshire, un récit de nonsense où la taille du corps, le sens des mots et les règles du jeu ne cessent de vaciller.
La Barbe bleue, de Charles Perrault
Une maison, un trousseau de clefs, une porte interdite et une clef tachée de sang : le conte d'interdit de Perrault, où la curiosité met au jour un crime.
La jeune fille, le Diable et le moulin, d'Olivier Py
Olivier Py réécrit pour le théâtre un conte de Grimm : un pacte avec le Diable, des mains coupées, l'exil et la réparation. Une œuvre qui regarde le mal en face sans renoncer à la joie.
Peau d'âne, de Charles Perrault
Sous l'éclat des robes merveilleuses, le conte de Perrault raconte la fuite d'une jeune fille qui se cache sous une peau pour rester fidèle à elle-même.
Brindille, de Rémi Courgeon
Surnommée Brindille, Pavlina se met à la boxe, non pour cogner mais pour cesser d'être réduite à sa fragilité et faire entendre son vrai prénom.
Verte, de Marie Desplechin
Verte, onze ans, n'a aucune envie de devenir la sorcière dont rêve sa mère. Un roman à plusieurs voix sur la filiation et l'art d'hériter à sa manière.
Le monstre poilu, de Henriette Bichonnier
Face à un monstre qui veut la dévorer, la petite Lucile gagne par les mots : un conte de Bichonnier et Pef où la repartie fait exploser la peur.
La souris de M. Grimaud, de Frank et Devin Asch
Un chat s'attable devant une souris vivante, mais la proie se met à parler avec une politesse parfaite et retourne le rapport de force. Une comédie grinçante et maligne.
Le mystérieux chevalier sans nom, de Cornelia Funke
Violette refuse d'être le prix d'un tournoi : sous une armure noire, elle entre en lice et change elle-même les règles. Une fable de chevalerie drôle et maligne.
Chaân, la rebelle, de Christine Féret-Fleury
Dans un village néolithique où la chasse appartient aux hommes, Chaân refuse la place prévue et veut chasser. Un récit d'aventure et d'émancipation.
La Princesse Finemouche, de Babette Cole
Babette Cole retourne le conte comme un gant : Finemouche ne veut ni sauveur, ni mari, ni destin tout tracé. Une héroïne qui refuse le rôle attendu.