Thèmes principaux : temps libre, lenteur, contemplation, rêverie, imagination, sensations, nature, repos, relation parent-enfant.
Une journée sans programme.
Clara passe une journée d'été dans le jardin avec une envie inhabituelle : ne rien faire. Elle s'allonge dans l'herbe et regarde le ciel. Peu à peu, ce qui l'entoure prend de l'importance. Son père, intrigué par cette immobilité, lui suggère d'aller à la piscine avec son amie Léa. Il aimerait ensuite la voir profiter du beau temps à vélo. Plus tard, il lui propose de préparer des muffins. Clara préfère rester dehors. À ses questions revient toujours la même réponse : « Rien ! »
Ce « rien » se remplit pourtant de tout ce qu'on remarque lorsqu'on s'arrête. Un nuage devient un gros escargot. Une fourmi qui marche sur le bras de Clara suffit à retenir son attention. Ailleurs, une odeur de lavande et de gazon coupé prend toute la place. Clara savoure ce temps sans programme, où elle paraît très bien.
Du jardin au rêve.
Peu à peu, son attention quitte ce qui est devant elle. Clara pense à Alice et au Petit Prince, puis se demande ce que peut bien être « rien ». Un trou ? Un ciel vide ? Son imagination l'emporte jusqu'à un espace presque sans limites où elle flotte, seule et paisible. Elle finit par s'endormir.
Les illustrations d'Amélie Dubois rendent ce glissement très lisible. Le jardin reste d'abord très présent, avec ses verts doux et ses petites présences animales. Quand Clara imagine la piscine ou le vélo, l'image se détache davantage du réel. Plus loin, les fonds deviennent vaporeux et l'espace se vide autour d'elle. Les images donnent une forme à ses pensées avant de la ramener, à son réveil, sur la colline familière.
Deux façons de profiter d'une journée.
Le père comprend mal ce choix, mais sa réaction reste douce. Quand Clara refuse la piscine, il n'insiste pas. Ses propositions montrent surtout ce qu'il attend d'une belle journée : qu'elle soit occupée. Le texte appuie cette opposition en évoquant l'ami Rémi, toujours pris par une leçon, tandis que Clara revendique le droit de rester sans activité prévue. À cet endroit, le propos devient très explicite, mais les illustrations lui rendent de la légèreté.
Quand Clara rouvre les yeux, l'ombre s'est allongée et les muffins cuisinés par son papa sont prêts. Elle ne se précipite pas pour autant vers la cuisine. Elle attend que cesse le « tintamarre » des préparatifs. La fin prolonge ainsi le geste de tout l'album : laisser un peu de place au silence et à ce que la rêverie fait naître.
Pour aller plus loin.
- « Je m'ennuie ! », balado documentaire de La puce à l'oreille, réalisé avec les Éditions de l'Isatis à partir de l'album. Une écoute libre qui explore l'ennui comme émotion, avec des fiches pédagogiques associées.
- « L'ennui n'est pas seulement acceptable chez les enfants, il est bénéfique », The Conversation. Une synthèse accessible des travaux qui rattachent l'ennui à l'autonomie et à la créativité.
© Éditions de l'Isatis · Marie-Hélène Jarry, ill. Amélie Dubois.

